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jeudi, 20 mai 2010

Embarqué dans la mode stambouliote

DSC_7140.jpgEmbarqué pendant une après-midi dans le showroom-atelier de la styliste turque, Arzu Kaprol, à la découverte du milieu de la mode. Une aventure particulière mais loin d'être désagréable. Entre jeune beauté taille mannequin, "turkish tea", pistaches et loukoums, interview à haut risque pour reportage en milieu hostile.

« Tu veux rencontrer quelqu’un du milieu de la mode ? », m’apostrophe Murat, dandy efféminé de la haute société stambouliote. « Je peux t’arranger un rendez-vous avec une femme extraordinaire qui est la plus grande styliste d’Istanbul », me lance-t-il fièrement, « c’est une amie »...

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« Tu veux rencontrer quelqu’un du milieu de la mode ? », m’apostrophe Murat, dandy efféminé de la haute société stambouliote. « Je peux t’arranger un rendez-vous avec une femme extraordinaire qui est la plus grande styliste d’Istanbul », lance-t-il fièrement, « c’est une amie ». Pas le temps de lui répondre pour le remercier du coup de main. Le garçon a le téléphone facile. Il dégaine : «… » (conversation en turc)... « C’est bon, elle peut te recevoir dans une heure ». « Ok ». J’acquiesce en guise de remerciement.

Qu'est ce que je fous là?

« Tu vas voir, elle reçoit les plus célèbres femmes d’Istanbul », me dit-on en me conduisant à son atelier. Un bâtiment design, moderne mais tout en bois, qui fait face au Bosphore. Porte coulissante, moquette noire au sol. Quelle classe ! On me demande de laisser une pièce d’identité en échange d’un badge d’accès. C’est à l’étage. A nouveau, porte en verre coulissante. Elle s’ouvre gracieusement devant moi, mais cette fois grâce au badge. Quel privilège. Sentiment de fierté et de puissance. Pas du tout. Je ne sais simplement pas ce que je fous ici ?

Face à moi, une immense pièce tout en baies vitrées qui donne directement sur le Bosphore situé à seulement quelques mètres. On pourrait presque y plonger. Sur la droite un immense lit beige et deux fauteuils chesterfield assortis. Une demoiselle aux allures de personnage de manga sort brusquement de derrière un paravent et me tend une main gracieuse : « Hi, I’m Arzu Kaprol. Nice to meet you ».  Moi aussi. D’un coup je sais encore moins pourquoi je suis venu ici. « Have a seat here. Would you like a turkish tea ? », demande-t-elle poliment. « Oui, oui, merci », pour seule réponse.

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Séance d'essayages

Assis à une table en verre avec mon « turkish tea », je patiente avant le début de mon interview, tout en observant attentivement la scène qui s’offre à moi, comme se doit de le faire tout bon journaliste. Au premier plan : une magnifique jeune femme blonde, taille mannequin sur hauts talons, essaie robe sur robe dans un va-et-vient incessant, mais pas désagréable, entre la cabine d’essayage entre-ouverte et  le « podium », juste devant moi. Au second plan : deux femmes, la soixantaine botoxée, essaient des robes pour la soirée de mariage du fils de l’une d’entre elles.  « C’est la femme du Pdg de la plus grande banque de Turquie, un des hommes les plus riche et puissant du pays », me dira-t-on un peu plus tard. J’observe les essayages pendant une bonne de demi-heure et trois « turkish tea ».

Arzu Kaprol, robe noire à collerettes, collants noirs et chaussures or à petits nœuds, se déplace avec élégance autour des clientes arborant ses créations ; puis, s’immobilise. Mains sur les hanches, calmement, elle fait part de son avis. Aussitôt, son assistante rectifie un pli, une courbure à l’aide d’une épingle. La cliente repart en cabine d’essayage pour en ressortir quelques minutes plus tard

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Champagne et petits-fours pour l'iftar

Arzu vient enfin s’asseoir face à moi pour débuter l’interview. « Désirez-vous un autre thé ? », commence-t-elle. « Oui, oui, volontiers. » Je suis un peu chez moi maintenant. Je picore dans les différents pots disposés au milieu de la table devant moi, remplis de pistaches, de noix de cajou, de raisins secs ou de lokoums. Un bonheur. L’interview commence. La styliste me fait penser avec insistance à un personnage de manga. Les yeux légèrement bridés, le style épuré et sévère, elle me parlera d’ailleurs à trois reprise du Japon, pays qu’elle a visité pendant un mois et auquel elle voue un véritable culte.

Je commence avec une question du genre : « Vous qui êtes une jeune styliste, comment percevez vous… ? ». Elle m’interrompt : «  Les gens pensent souvent que je suis jeune et je le prends comme un compliment. Mais je vais avoir 37 ans tout de même ». Ah, en effet, je lui en donnais dix de moins. Ca commence fort. Pas grave, elle est lancée. « Ce qui est le plus étrange, est que parfois lorsque je me regarde dans la glace, je m’arrête longuement sur mes yeux. Et  là, je me dis que seul mon regard correspond à mon âge réel. Cela m’effraie de lire mon âge au fond de mes yeux, mais dès fois je me sens fier et belle. » Arzu est la mère de jumeaux de cinq ans et demi. J’apprendrai aussi que cette reine de la mode qui s’habille sexy se dit musulmane pratiquante. Un nouveau préjugé s’évapore. « La Fashion-week d’Istanbul a lieu pendant le Ramadan », me dit-elle, « Pour moi, c’est le moment le plus excitant de l’année ». Je m’imagine, « champagne et petits-fours pour l’iftar (la rupture du jeûne)… l’idéal en somme.

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« Mon identité n’est pas dans mon style, mais dans mon stylo »

Arzu Kaprol me parle de sa ville, Istanbul, où elle est venue habiter à partir de 18 ans pour faire des études de stylisme. « Istanbul est une ville dure et rude, mais c’est aussi pour ça qu’elle est propice à la création ». La styliste aime Istanbul, et moi, ses pistaches et ses noix de cajou. L’atmosphère est calme et reposante dans ce show-room face au Bosphore. Le moment est agréable.
Puis, l’interview se fait discussion. Deux heures durant, nous parlons des villes, de leur personnalité, de leur énergie, des pays, d’elle, mais surtout d’Istanbul, personnage féminin. Je ne pensais pas pouvoir m’entendre aussi bien avec une femme du milieu de la mode. Elle rit, s’intéresse aux choses, aux gens, aux sentiments. Peu à la « mode » finalement. Elle est styliste et donc artiste avant tout. Elle me dira même vivre simplement sa « Fashion personality ». « Mon identité n’est pas dans mon style, mais dans mon stylo ». Je note. Elle est parfaite.

« Allons-y! Tu viens avec moi on prend un taxi. » « D’accord. Où va-t-on ? ». « Dans mon quartier, j’y ai un magasin tu vas voir. » Très bien. Nous voilà dans un des nombreux taxis jaunes d’Istanbul. Le chauffeur me regarde étrangement. Je sais alors quelle doit être sa pensée: « qu’est ce qu’elle fout avec ce type ? ». Il y a trois heures je m’en souviens, je me posais exactement la même question.

Commentaires

Bon texte, plus intéressant . Moins article, plus récit. Tout à fait ce qu'on aime dans la famille. T'as tout bon.
Quelques petites approximations (on préfèrera "mère de jumeaux" à "mère de deux jumeaux"). Bon c'est un exo de style, plus proche de la litt. que du journalisme alors c'est une autre exigence. Quelques formules à reprendre :" Je ne pensais pas pouvoir m’entendre aussi bien avec une femme du milieu de la mode. Elle rit, s’intéresse aux choses, aux gens, aux sentiments." T'as vraiment écrit ça ???

Je ne peux que t'encourager à poursuivre sur cette voie. J'espère que ça ne fait pas prof ce que je te dis. Pour la peine la prochaine fois, je te gratifierai d'une "loukoum dance"...

Écrit par : Erdun Gurun | jeudi, 20 mai 2010

CRROOOOÂÂÂÂ !!!

Écrit par : maitre corbac | jeudi, 20 mai 2010

CRRROOOÂÂÂÂ !!!

Écrit par : maitre corbac | jeudi, 20 mai 2010

salut comment vous allez, moi je me nomme Ousmane Fall, je suis senegalais mais je vis en Turquie a İstanbul, j'ai un ami qui est au Senegal leur societe organise un salon international du textile, de l'habillement et de la mode
du 5 au 8 février 2013, elle m'a di de trouver des styliste et je me suis tombe sur vous, si ça t'interesse je peux vous donner mes contactes mais moi je parle le français et un peu la langue turc..voici mon numero de telephone 05340380305

Écrit par : ousmane Fall | lundi, 19 novembre 2012

salut comment vous allez, moi je me nomme Ousmane Fall, je suis senegalais mais je vis en Turquie a İstanbul, j'ai un ami qui est au Senegal leur societe organise un salon international du textile, de l'habillement et de la mode
du 5 au 8 février 2013, elle m'a di de trouver des styliste et je me suis tombe sur vous, si ça t'interesse je peux vous donner mes contactes mais moi je parle le français et un peu la langue turc..voici mon numero de telephone 05340380305

Écrit par : ousmane fall | lundi, 19 novembre 2012

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