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jeudi, 29 avril 2010

Rencontre avec la journaliste Leyla Umar

DSC_7079.jpgA 82 ans, Leyla Umar est une des mémoires du journalisme turc. Sa carrière l’a amené à interviewer les grands hommes du XXème siècle. Avec une passion encore intacte, elle livre les anecdotes d’une vie de femme passée à expliquer le monde.


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La main tendue est souple et élégante. A 82 ans, Leyla Umar a gardé le regard profond de cette jeune fille en robe de mariée, dont la photo en noir et blanc s’affiche aux murs de la chambre à coucher. La journaliste turque sait accueillir chaleureusement le visiteur dans son hôtel particulier de quatre étages du quartier chic d’Ortaköy, en bordure du Bosphore.

Serrer la main de cette dame, c’est traverser l’histoire du XXème siècle en seulement quelques secondes. Khomeiny, Castro, Arafat, Amin Dada, Mendela, ou encore Gorbatchev et Khadafi … Tous ces grands hommes politiques ont un jour croisé le chemin de cette stambouliote, fille des premières heures de la République d’Atatürk, devenue journaliste sur le tas. « A 24 ans, alors que j’avais un enfant et que je venais de divorcer, j’ai poussé les portes du journal Milliyet. Comme femme seule, il me fallait trouver un travail pour vivre. Je ne savais alors faire qu’une chose : écrire », affirme-t-elle en réajustant sur ses jambes sa tunique turquoise. Presque soixante années ont passé depuis, et Leyla continue inlassablement son travail de journaliste pour des parutions turques.

L’interview exclusive de Khomeiny

Assise à la romaine sur le confortable canapé bleu de son salon, Leyla Umar raconte avec une passion dithyrambique son histoire, mais surtout l’Histoire. Les longues heures d’attente dans le froid pour pouvoir rencontrer Khomeiny à Paris. Et finalement, elle seule, choisie pour effectuer l’interview, au nez et à la barbe de tous les grands médias internationaux. L’interview effectuée de part et d’autre d’un rideau dans la tente de l’Ayatollah iranien. Elle raconte aussi l’interview d’Idi Amin Dada vendue au magazine Time, qui lui permis d’acheter une chambre de bonne avenue Foch pour les études de son fils à Paris et l’hôtel particulier à Ortaköy dans lequel elle vit aujourd’hui.

« En tant que femme il a fallu que je me batte »

Les anecdotes s’enchaînent, les noms, dont elle ne souvient pas toujours dit-elle, s’accumulent, le flot de parole est ininterrompu. Seuls de grands éclats de rire viennent rythmer cet anglais chantant au fort accent oriental. C’est le cas lorsqu’elle évoque sa naïveté de débutante. « A mes débuts, je n’avais pas perçu la difficulté d’exercer en tant que femme dans une rédaction turque des années cinquante. Un jour, un de mes collègues à Milliyet avait lancé une pétition pour que je me fasse licencier. Elle avait été signée par 45 de mes collègues de la rédaction. Ce jour là, j’ai compris qu’en tant que femme il me faudrait me battre pour réussir », se souvient-elle en riant.

« La rencontre avec Fidel Castro, mon meilleur souvenir »

Mais son histoire c’est surtout ces deux rencontres en 1996 et en 1997 avec Fidel Castro. « Mon meilleur souvenir en tant que journaliste », certifie Leyla Umar les yeux pétillants. « La première rencontre avait eu lieu dans sa chambre hôtel à Istanbul. Nous avons discuté pendant quatre heures. Et alors qu’il avait rendez-vous avec le Premier ministre de l’époque et que ses assistants le pressaient de terminer l’interview, il m’a dit : « nous sommes tellement bien ici à discuter que je vais rester avec vous, je n’irai pas à ce rendez-vous ». Et il ne s’y est finalement pas rendu », se souvient Leyla Umar avec fierté.

Lorsqu’elle évoque sa seconde rencontre à Cuba à l’invitation personnelle du leader cubain, elle se remémore avec émotion la soirée passée à préparer des spécialités turques avec Fidel dans la cuisine de l’une de ses résidences personnelles. « Nous avions tellement rit ce soir là. C’était un homme très charmant, nous nous entendions vraiment bien », affirme-t-elle, clichés de la soirée en main comme pour mieux en attester la véracité ou peut-être pour mieux faire renaître des souvenirs qui ont tendance à s’estomper avec le temps.

C’est d’ailleurs pour cette raison que Leyla Umar raconte à qui veut bien l’écouter les souvenirs d’une vie riche et passionnante. « Je suis un peu comme Istanbul », conclut-elle, « une collection de fragments du monde ».

Commentaires

Chouette interview monsieur VW. Joli article. Petit gout de loukoum...

PS: Mandela

Écrit par : Erdun Gurun | jeudi, 29 avril 2010

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