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mercredi, 17 février 2010

Spécial Haïti : Le drame d'une génération

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Avec près de 800 écoles et universités détruites, Haïti se retrouve privé de son système éducatif. Une catastrophe pour toute une génération de jeunes haïtiens. Et une véritable question pour l’avenir du pays et la reconstruction.

Dans les décombres de ce qui était son université, un étudiant brandit une feuille de papier poussiéreuse. « C’est un diplôme de programmation informatique », dit-il amer. Lui ne sait où se trouve le sien...


Génération sacrifiée

 

Dans les décombres de ce qui était son université, un étudiant brandit une feuille de papier poussiéreuse. « C’est un diplôme de programmation informatique », dit-il amer. Lui ne sait où se trouve le sien. Certainement là sous ses pieds, enfoui sous plusieurs tonnes de ciment et d’acier. Comme lui, ils sont des milliers d’étudiants haïtiens à avoir perdu toute trace de plusieurs années d’études. Plus de diplôme. Alors dans les décombres certains cherchent. « Les gravats vont bientôt commencer à être déblayés et nous n’avons que très peu de chance de pouvoir retrouver des papiers officiels attestant de notre cursus », déplore Rolph étudiant de 26 ans en informatique. Sans compter la pluie qui commence à s’abattre violement le soir venu sur Port-au-Prince.

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« Privés de diplôme »

A Port-au-Prince la plupart des bâtiments qui n’ont pas résistés sont surtout des écoles primaires, des lycées ou des universités. Les enfants n’ont plus école. Les cours ne sont pas prêts de reprendre. Année blanche. Il faudra reconstruire et vite. En attendant, c’est toute une génération d’universitaires haïtiens qui se retrouve privée de diplôme. Plusieurs années d’études réduites à néant. « Certains étudiants pourront retrouver leur maître de recherche qui attestera de leur réussite à l’examen, quand ceux-ci ne sont pas mort lors du séisme », explique un étudiant en dernière année de biologie. Quel avenir pour cette génération tout juste diplômée ou en passe de l’être ? Certains étudiants devaient tout juste recevoir leur diplôme à la session de janvier.

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Mais déjà, certains universitaires ont effectué leur reconversion. Très vite, les jeunes de Port-au-Prince ont compris que leur salut passerait par les organisations internationales arrivées en masse au lendemain de la catastrophe. Par centaines, ils se sont rendus spontanément dans les ONG pour proposer leurs services. « Des jeunes arrivaient avec une pièce d’identité et un justificatif de diplôme ou d’étude à la main, parfois sans rien de plus que leur bonne foi et leur motivation », explique Gérald Servé de l’ONG ACTED.


« Eviter un second séisme »

Mais cet afflux n’est pas sans conséquence pour l’avenir du pays. Car travailler pour une organisation internationale représente pour un haïtien une porte de sortie vers l’Europe et les Etats-Unis. « Priver une nation de ses forces grises serait dramatique. Les ONG doivent aider le pays à se reconstruire en renforçant les structures de l’état et non pas en l’excluant du processus de reconstruction », constate un proche conseiller du Premier ministre haïtien. Surtout lorsque connaît l’histoire politique agitée d’Haïti. Cette génération représentait une force de changement pour l’avenir. C’est encore plus vrai maintenant, après le séisme. Mais elle se retrouve pourtant privée du peu d’avenir qui lui était promis. Il faudra vite que se pose la question du rassemblement des forces grises de la Nation afin d’éviter au pays un second séisme, à retardement cette fois.

 

Gaylord Van Wymeersch

 

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